La Haute-Tarentaise a un destin singulier. Là où d’autres vallées savoyardes se sont industrialisées dès le XIXe siècle — Maurienne en tête, desservie par le train dès 1850 —, la nôtre est restée longtemps agropastorale. La ligne de chemin de fer n’atteint Bourg-Saint-Maurice qu’en 1913. Les pâturages, les troupeaux de Beaufort, les moulins et les scieries ponctuent alors un paysage que l’industrie n’a pas encore morcelé.
Ce n’est pas pour autant que l’eau y est ignorée. Bien au contraire : depuis des siècles, elle fait tourner les moulins, les scies, les pressoirs. L’invention de la turbine et de l’alternateur va transformer cette énergie ancestrale en quelque chose de radicalement nouveau : l’électricité. Les Alpes, riches en eau et en dénivelé, sont alors au cœur de ce que l’ingénieur isérois Aristide Bergès appelle, lors de l’Exposition universelle de 1889, la « houille blanche » — par opposition au charbon, la « houille noire ».







