Une cuisine de nécessitéUNE MÉMOIRE À PRÉSERVER
🍴 À Val d’Isère, manger est une affaire sérieuse. L’altitude impose ses règles : des étés courts et intenses, des hivers longs, des réserves à constituer avant les premières neiges. La saison productive est deux fois plus courte que la saison improductive. Cette contrainte a engendré une cuisine d’une étonnante richesse ; économe, inventive, transmise de mère en fille sans jamais être écrite.
Les femmes du village tenaient le foyer nourricier : elles entretenaient le potager ; situé au plus près de l’habitation, jouxtant le tas de fumier pour raccourcir le circuit alimentaire, elles préparaient les soupes, fabriquaient la tomme de ménage, suspendaient les jambons dans les granges où l’air sec et froid de l’altitude faisait le reste. Les hommes travaillaient les champs, géraient les biens communautaires ; fruitières, fours, moulins. Ces rôles, codifiés depuis des siècles, n’ont commencé à évoluer qu’avec le développement des métiers du tourisme dans les années 1960.
🧀 Val d’Isère a ses propres marqueurs culinaires. En 1875, au Concours général agricole de Paris, des persillés produits à Laval – l’ancien nom du village – étaient présentés aux côtés de ceux de Tignes et de Sainte Foy Tarentaise : preuve que le fromage avalin jouissait déjà d’une réputation dépassant les limites de la vallée.
📖 Plus proche de nous, le guide « À Table ! » de la Communauté de communes Haute Tarentaise Vanoise a recueilli des témoignages et des recettes auprès d’habitants de Val d’Isère – dont Juliette Bonnevie, du Fornet, qui a transmis la recette des bugnes préparées chaque Mardi gras.
Cette mémoire culinaire est fragile. Elle vit dans les gestes, les témoignages, les photos de cuisine intérieure ou de potager que nos archives conservent. Parcourez les images ci-dessous : elles racontent ce que les recettes ne disent pas.








